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Tunisie : Edder3, une application controversée pour prévenir le terrorisme

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En Tunisie, une application pour smartphone sert de bouclier contre le terrorisme. “Bouclier”, c’est la traduction littérale d’Edder3, cette invention mise au point par trois Tunisiens étudiants à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT). L’idée leur est venue après les attentats du Bardo, le 18 mars, et de Sousse, le 26 juin dernier. Son but : créer un système d’alerte en cas d’acte suspect pouvant avoir trait au terrorisme et “impliquer tout le peuple tunisien dans la lutte contre le terrorisme”, résume l’un de ses développeurs, Yassine Selmi, 23 ans, auprès du site Géopolis.

L’application permet aux utilisateurs, sous couvert d’un pseudonyme, de signaler des comportements ou des individus suspects ainsi que des lieux en proie à une attaquepotentielle, afin de prévenir un éventuel attentat. Lorsqu’il effectue un signalement, l’utilisateur est géolocalisé, la date et l’heure de son alerte sont mentionnées.

“Appeler le 197!”

Les trois étudiants qui l’ont lancée veulent faire d’Edder3 – pour l’heure accessible en version bêta uniquement – une application d’État. Ils ambitionnent de l’offrir au gouvernement tunisien afin qu’elle devienne un réflexe pour le citoyen, en complément du travail des autorités. Ainsi, un onglet “Appeler le 197 !” permet de contacter la police directement depuis Edder3.

Un système de balises permet également d’indiquer sur la carte tunisienne les points où se préparent de potentiels actes terroristes. “Lorsque plusieurs signalements se feront à un même endroit, à un même moment, nous enverrons une alerte à tous nos utilisateurs et à la police”, explique Yassine.

La question des libertés individuelles

Mais l’application, aussi bienveillante soit-elle, pose quelques problèmes en matière de libertés individuelles. L’application devrait permettre, par la suite, de joindre un commentaire et une photo à son signalement. Mais “l’application sera gérée par une équipe de modérateurs qui flouteront les visages, supprimeront les noms, pour que les informations personnelles ne soient pas rendues publiques”, rassure l’un des développeurs.

Pour les créateurs de l’application, Edder3 ne constitue pas un acte de délation. “[Que le citoyen] aille dénoncer un comportement suspicieux au commissariat ou sur l’application, il prend la responsabilité de ce qu’il signale”, rétorque Yassine Selmi.

Le danger de la suspicion permanente

Yassine aimerait aller plus loin et faire en sorte que chaque utilisateur renseigne le numéro de sa carte d’identité sur l’application. Ainsi, un individu qui fait un canular pourra être tracé. Mais là encore, la question des libertés individuelles est remise en cause.

Les trois inventeurs attendent actuellement la décision du ministère de l’Intérieur tunisiend’autoriser ou non de nouvelles fonctionnalités sur l’application. Si elle n’est pas régulée, Edder3,née d’un projet citoyen et concernant, est toutefois basée sur la suspicion et pourrait se transformer en un dangereux Big Brother tunisien.

RTL

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